L’entreprise postale souffre toujours du déclin structurel du courrier.

S’il représente encore près de la moitié du chiffre d’affaires (9,5 milliards), il a à nouveau, reculé de 5,8 % en 2014. Sur la période 2008-2016, les volumes de courrier pourraient chuter de 30%, à ce rythme le trafic aura baissé de 50% en 2020.

“La Poste cherche à faire des économies sur les charges de fonctionnement”

La mutation des outils de communication liée à la numérisation des données est l’une des causes majeures de cette chute.

Le secteur de la distribution se retrouve donc contraint de régulièrement ajuster les moyens à la charge réelle, en réorganisant les sites tous les deux ans, restructurations se traduisant par des suppressions de positions de travail et des emplois non renouvelés.

Limité par la longueur des parcours, La Poste cherche à faire des économies sur les charges de fonctionnement (surfaces et véhicules) pour réduire l’impact sur les quartiers lettres.

Ainsi La Poste déclinent de nouveaux types d’organisation via un catalogue national présentant des organisations de distribution dites innovantes, émergeant de diverses expérimentations locales, avec en tête de liste « le Distri’Mix ».

Cette organisation impose une coupure méridienne d’au minimum 45 min, au détriment de la pause de 20 min payée afin de permettre aux factrices et facteurs de se reposer et de se restaurer en milieu de vacation.

Conséquence pour les agents : 20 min de trafic en plus sur les tournées, des positions de travail en moins et une fin de service retardée.

La Poste justifie la nécessité de cette organisation par l’arrivée de nouveaux services pour palier à la baisse de trafic, activités qui demanderaient des livraisons vespérales.

Mais au bout du bout, c’est bien un moyen détourné pour continuer à faire de la productivité à court terme.

C’est pour cette raison que la CFDT s’oppose à une généralisation de la pause méridienne qui ne répondrait pas aux besoins des personnels, pourraient dégrader leurs conditions de travail et bouleverser l’équilibre vie privée/vie professionnelle.

Pour la CFDT, si dans ce contexte de crise touchant l’activité principale, l’évolution du métier de facteur devient un incontournable, le choix du « Distri’mix » doit se faire sur la preuve d’un réel besoin productif en tenant compte des particularités locales, avec en parallèle la volonté d’en faire un levier pour une amélioration de la qualité de vie au travail.

De plus, en amont, la CFDT demande un cadrage juridique de cette pause ainsi qu’une identification des lieux de restauration répondant aux normes d’hygiène et sécurité.
La CFDT demande aussi des contreparties avec une participation équitable à la restauration et une indemnisation pour les contraintes familiales.

Enfin, une augmentation de l’amplitude de travail et des travaux extérieurs, exige des avancées en termes de régimes de travail avec une fréquence plus importante de repos.

Mathias T