L’accord « Un Avenir Pour Chaque Postier » a été représenté à la signature en ce début d’année, décortiqué en 3 accords distincts.

Chaque organisation syndicale a signé l’(es) accords qui les intéressait et surtout en faisant soin, pour les non signataires de celui de 2014, de ne pas signer celui (ceux) qui la mettrait en difficulté.

Ils laissent cette tâche à d’autres de le faire (CFDT, CFTC, CGC et UNSA), puisque, de façon évidente, l’accompagnement au Plan Stratégique 2020 est nécessaire si on souhaite un minimum de droit pour tous les salariés qui seront impactés.

Quoi qu’on en pense, ces accords sont contraignants pour La Poste car il est opposable juridiquement.

Le principal, dans toutes ces péripéties est que cet accompagnement ait été trouvé. Les plans de formation, l’accompagnement RH et les mesures financières vont donc pouvoir se mettre en place alors que de profondes restructurations ont déjà débutées.

Toutes les branches, tous les secteurs sont touchés.

Une partie de la Branche Colis (les agences Coliposte) a rejoint la Branche Courrier.

Les réorganisations innovantes, dans ce secteur, sont présentées, voire imposées, de façons incessantes sans calendrier précis et elles sont mal structurées avec des changements par défaut sans cohérence avec les projets.

Au réseau, après la mise en place d’un Management Commercial Unique, entrainant la disparition des Directions Commerciales Régionales Bancaires, c’est le projet DET de Demain qui se profile.

Ce projet va entrainer l’agrandissement des terrains, particulièrement dans le milieu rural, avec un management local que l’on nous garantit plus
efficace.

Mais tout cela, c’est sans moyen supplémentaire, bien évidemment !

Les métiers supports (DAST et Directions Régionales) entament eux aussi, au pas de charge, un toilettage intense : positions mutualisées, transférées sur Bordeaux, vont entrainer une perte très importante de l’activité sur Midi Pyrénées.

Dans les directions Régionales, ce sont les services RH, Projets, Qualité et les assistant(e)s qui subissent des suppressions de postes.

Tout ce personnel vient renforcer les cadres en surnombre du courrier.

Tous ces cadres du Réseau viennent rejoindre ceux du courrier bien souvent en surnombre, en attente d’un poste ou mis sur des organisations avec de plus en plus de responsabilisées sans aucun remerciement.

Alors, oui, les cartes de mobilité présentées dans la première version de l’accord « Un Avenir Pour Chaque Postier » ont été retirées des 3 accords signés.

Mais faut-il réellement s’en réjouir ?

Le siège aurait-il cédé à la pression des branches qui jugeaient que cette mobilité n’allait pas assez loin, en particulier pour les cadres ?

Allons-nous voir arriver de nouvelles cartes, sans négociation possible, qui nous fera regretter l’échec des négociations de septembre 2014 par la non signature de FO, CGT et SUD ?

Nous n’aurons pas très longtemps à attendre.

La perte d’activité, sur notre région, est préoccupante.

Les nouveaux formats de bureaux en urbain, les transformations des bureaux dans le rural viennent compléter les restructurations impactant Midi Pyrénées.

Si l’accord garantie l’absence de plan social à la Poste, il ne cadre ni la mobilité, ni l’obligation d’activité pour ceux dont le poste est supprimé.

L’enjeu des prochaines années sera de pérenniser les emplois jusqu’en 2020 en jouant sur les départs volontaires et les possibilités de départs via le Temps Partiel Aménagé Sénior (TPAS).

La CFDT est bien consciente de la nécessité pour notre entreprise de se transformer pour faire face aux mutations économiques et sociales.

Cependant, elle s’oppose à des réorganisations à marches forcées, pas assez ficelées, sans moyens, et accompagnées d’objectifs commerciaux irréalisables et démotivants.

S’opposer aux nouvelles technologies et habitudes de vie serait une grave erreur.

Nous ne pouvons lutter contre internet et il nous faut accompagner et réfléchir à la place de notre entreprise dans ces mutations.

Mais « pousser » tous nos clients vers le multi-canal nous semble être une aberration.

Certaines catégories de personnes ne vont pas vers ces nouvelles technologies.

Certaines zones de notre région sont des zones blanches, ce que les directions balaient d’un revers de la main lorsque nous l’évoquons.

De bas en haut de l’échelle de notre entreprise, l’inquiétude est présente.

Corine F.