llaa6-15L’URI (Union Régional Interprofessionnel) Midi Pyrénées a organisé une journée table ronde autour de la réforme sur les rythmes scolaires. Pour la CFDT, les salariés concernés par ce dossier sont regroupés dans les fédérations F3C, FEP (Enseignement Privé), INTERCO (personnel municipal ou des collectivités) et SGEN (Education Nationale). Jeudi 16 janvier, des militants CFDT des différents syndicats concernés sont venus témoigner de leur quotidien, des craintes et des certitudes que l’évolution des rythmes scolaires a imposé dans leur travail.

Cette initiative de l’URI est à saluer car nous avons réellement besoin de cette coordination, de ces échanges entre les différents secteurs pour que notre action CFDT soit la plus efficace que possible et réponde à l’intérêt général de l’objectif de la réforme et de ses personnels. La CFDT n’incitera pas l’opposition d’un secteur d’activité par rapport àun autre.

Cette rencontre a permis également de comprendre et d’être en accord sur le fait que nombre de problématiques ne provenaient pas de la réforme mais cette dernière les a juste remises en avant. Fin mars 2014, l’URI portera à l’Assemblée Générale des syndicats un « manifeste » sur la réforme des rythmes scolaires.

Petit rappel :

En préalable, il ne faudrait pas oublier qu’en France, nous avons fait le choix sociétal d’organiser la petite enfance en développant des crèches municipales ou associatives ou privées, d’aider les ménages à salarier une assistante maternelle et à développer cette activité professionnelle, et de permettre à tous que son enfant puisse accéder à la maternelle alors que cette dernière n’est pas obligatoire. L’organisation du périscolaire qui n’est pas une obligation non plus, s’est développée très fortement ces dix dernières années.

Tous ces aménagements, ces formes d’organisation autour de la petite enfance et des enfants du primaire répondent à un choix sociétal de permettre aux femmes d’accéder plus facilement à une activité professionnelle.

Constat de l’application de la réforme :

Peu de communes au niveau national ont fait le choix d’appliquer la réforme des rythmes scolaires pour la rentrée 2013 : 4000 communes sur l’ensemble du territoire, représentants 22% des effectifs de la maternelle et du primaire.

Comme prévu par la loi, les communes bénéficient d’une subvention, ce qui leur permet d’amortir en partie leur investissement.

Force est de constater que les collectivités locales sont obnubilés par le coût des animations périscolaires qu’elles sont chargés, si elles le souhaitent, d’organiser ou de déléguer (via un contrat de délégation de service public par exemple), avant et après le temps de classe, ainsi que pendant la pause méridienne (temps de pause du repas du midi). Il y a ainsi une grogne des collectivités locales par le biais de l’expression publique contre la réforme.

Par ailleurs, on constate dans certaines communes des choix inacceptables : tous les enfants n’ont pas accès aux activités, certains élèves subissent des coupures de 3 heures le midi, certaines communes réservent les subventions pour les écoles publiques en spécifiant aux écoles privées sous contrat qu’elles devront financer elles-mêmes les activités périscolaires qu’elles souhaiteront mettre en place… Cela entraine des organisations inadaptées à l’objectif poursuivi, qui est l’amélioration du rythme de l’enfant. De plus, cela engendre des discriminations à l’accès des activités périscolaires et des discriminations liées aux tarifs d’entrée fixés par certaines communes.

Le point majeur de la réforme, un rythme pour le bien de l’enfant, est donc malheureusement oublié dans les cas que nous venons de décrire. Pourtant, celle-ci a été pensée en se basant sur l’exemple de la ville de Toulouse, qui continuait à fonctionner sur un rythme de 4 jours et demi, avec 11 mercredis matin non travaillés dans l’année.

A contrario, d’autres municipalités jouent le jeu de la concertation et du débat entre l’ensemble des corps concernés par l’aménagement des rythmes scolaires ce qui permet à minima d’éviter certains écueils organisationnels. Mieux, la municipalité de Serignac (82) a fait le choix budgétaire d’organiser un périscolaire qualitatif en lien avec leur priorité politique municipale qui est l’éducation. Pour le financer, le conseil municipal a décidé de couper l’éclairage de la ville de 1 heure à 5 heures du matin.

Des points négatifs dans l’application de cette réforme :

Le texte de la réforme prévoit la possibilité de recourir à du personnel non qualifié pour encadrer les activités périscolaires. Or, une telle pratique entraine sur le terrain des sollicitations accrus de l’enfant, du fait de la non qualification des encadrants. Ces derniers sont en effet, non préparés à certaines situations. Ainsi, certains très jeunes élèves sont réveillés au cours de leur sieste pour participer à des activités. De plus, à un âge où il est nécessaire pour l’enfant d’avoir des temps pour jouer ou pour développer des activités relevant de sa propre initiative, il est regrettable de solliciter les enfants, surtout très jeune, pendant tant de temps par semaine sous prétexte de rentabiliser l'investissement en personnel effectué.

La mise en place de la réforme dans l’ensemble des communes nécessite un véritable effort de recrutement, car on touche à un domaine d’activité à temps partiel, voir très partiel. Le problème de la qualification des animateurs est également un enjeu majeur pour nous CFDT F3C. En effet, les communes ont tendance à recruter des personnes peu ou pas qualifiées (titulaires du simple BAFA par exemple). Dans ce cas, il n’y a pas de formation du personnel sur les activités périscolaires. Pour rappel, le périscolaire est une activité réglementée et non une profession réglementée comme le sont les métiers du sport par exemple.