L’année 2015 fut particulièrement meurtrie et éprouvante. Des actes barbares, injustifiables, sont venus percuter notre société affaiblie par la crise financière où les maux se sont concentrés sur le chômage, avec 6,5 millions de demandeurs d’emplois « France entière » (source INSEE au 30 novembre 2015). C’est tout notre système social qui est fragilisé et c’est toute la construction du lien social qui est remise en cause. Nous avons donc terminé l’année 2015 avec notre société civile et politique en quête d’identité.

2016 s’annonce comme une année particulièrement charnière dans la construction d’un lien social porteur d’espoir et de paix. La première pierre de ce lien social est l’emploi. Exercer une activité professionnelle rémunérée permet d’affronter l’avenir plus sereinement. Avoir un emploi avec un salaire décent oriente la perception de son avenir. Le chômage des jeunes est une « tare ». Près d’un jeune sur quatre est sans emploi. C’est une nécessité de donner des signes positifs à notre jeunesse qui ne cesse de se précariser et de paupériser (voir avis du conseil économique et social du 25 mars 2015).

Le patronat a sa part de responsabilité. Il réclame une baisse supplémentaire du coût du travail et a une vision précaire du travail sans aucune réflexion sur l’économie à long terme. Pourtant, les entreprises ont eu l’argent du pacte de responsabilité, 41 milliards d’euros. Elles ont des comptes à rendre sur l’investissement, la formation et les embauches. Pour le Medef, le social est un problème alors que la performance de l’entreprise en dépend. Le problème, c’est l’investissement, la qualification, la formation et l’incapacité du patronat à définir la transition numérique, la transition énergétique et la qualité des relations sociales.

La CFDT a une identité forte, construite à partir de ses valeurs et qui repose sur une culture de l’éducation populaire. On ne peut pas nous reprocher quelconque forme d’immobilisme. Nous avons donc un rôle à jouer afin que les salariés ne soient pas tentés par des sentiments ambivalents et des idées populistes, afin d’éviter toute forme de discrimination dans l’entreprise.

Alors donnons du sens à notre action syndicale et évitons toute forme de radicalisation.

Œuvrons pour la paix et le dialogue car la vie n’a pas de prix et la radicalisation, c’est abdiquer.

Je vous souhaite à tous une excellente année 2016 et souhaite vous faire partager ce message que j’ai reçu de la directrice d’une ONG de Microfinance tunisienne, « Enda interarabe ».

« Nous travaillons ensemble pour soutenir le courage là où il y a la peur,
Pour encourager la négociation là où il y a le conflit
Et donner l’espoir là où règne le désespoir. »

Nelson Mandela

Jérôme Morin
Secrétaire général S3C CFDT Midi-Pyrénées