La CFDT s'insurge contre la pérennisation de l'assouplissement des taux d'encadrements de nos enfants.

 

 

Le décret n°2016-1051 publié au Journal Officiel du 2 août 2016 grave dans le marbre du

code de l’action sociale et des familles l’assouplissement des taux d’encadrement des

mineurs dans le cadre d’activités périscolaires organisées au sein d’un projet éducatif

territorial. Pour rappel, cet assouplissement d’un animateur pour 14 enfants de moins de

6 ans, et d’un animateur pour 18 enfants de plus de 6 ans avait été rendu possible à titre

expérimental par le décret 2013-707 du 2 août 2013. La CFDT F3C s’était déjà opposée à

l’époque à cet assouplissement, qui était censé répondre de manière ponctuelle à la mise

en place des nouveaux rythmes éducatifs. L’effort temporaire sans aucune contrepartie

qualitative (amélioration des conditions de sécurité des enfants, et de travail pour les

salariés, et sans reconnaissance des zones d’éducation prioritaire par exemple) est donc

devenu la nouvelle norme, au détriment de la qualité des activités proposées.

De plus, quel message donné aux familles quant à la sécurité de leurs enfants dans

le contexte actuel d’état d’urgence, lorsque seulement 3 animateurs ont sous leur

responsabilité 54 mineurs de plus de 6 ans alors qu’il fallait 4 animateurs pour 48 enfants de

6 à 18 ans sous l’ancienne règlementation ?

Pour répondre au « lobby » économique des collectivités, le ministère a donc tranché ! Et ce

sont à nouveau les animateurs qui en pâtissent : augmentation du nombre d’enfants sous

leur responsabilité, fatigue accrue, tension plus importante, rythme infernal pendant la

journée… Et le salaire, lui, ne bouge pas !

Par ailleurs, le décret mentionne que « préalablement à la conclusion du projet éducatif

territorial, les services de l’état s’assurent que les modalités d’organisation retenues pour

l’accueil des enfants sont propres à garantir leur sécurité. Ils s’assurent également de la

qualité éducative des activités périscolaires proposées… ». Nos retours du terrain sont

pourtant édifiants : les accueils périscolaires ne sont pas contrôlés ! Un directeur d’accueil

périscolaire nous confiait récemment qu’il avait été inspecté une seule fois en dix ans par

les services déconcentrés du Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et ce… parce

qu’il l’avait demandé !

Pour la qualité de l’activité périscolaire, pour la sécurité des enfants, pour que les animateurs

aient des conditions de travail acceptables, notre organisation CFDT-F3C déplore l’absence

de concertation qu’il y a eue avant de publier ce décret, et exprime toute son opposition à

ce texte.

La CFDT F3C invite nos gouvernants à faire preuve de responsabilité notamment en

adoptant des actes en adéquation avec leur discours. Il en va de la qualité des activités

périscolaires et de la sécurité de nos enfants.